Rapport annuel 2016/17 : un monde de plus en plus divisé et dangereux

Les dirigeants du monde entier ont multiplié les discours de haine et de peur favorisant le repli identitaire, développant une rhétorique du « nous contre eux ». Des discours qui menacent directement les droits et libertés de milliers de personnes. Rétrospective, à l'occasion de la publication de notre rapport annuel.
Si Donald Trump est emblématique d’une tendance mondiale à défendre des politiques toujours plus clivantes, d'autres dirigeants politiques ne l’ont pas attendu pour assumer des discours fondés sur la peur, l'accusation et la division et remporter le pouvoir.
Les droits humains sont de plus en plus menacés et remise en cause par la multiplication de ces discours. En 2016, des gouvernements ont fermé les yeux sur des crimes de guerre, conclu des accords qui affaiblissent le droit d'asile, adopté des lois qui bafouent la liberté d'expression, incité au meurtre de personnes simplement accusées de consommer des stupéfiants, justifié la torture et la surveillance de masse, et élargi des pouvoirs de police déjà draconiens. Accéder au rapport.

Combattre les idées reçues pour faire changer les pratiques: Mots des Etats = Maux des Réfugiés

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Expo_Affiches_AI2011_19.JPGParce que les discours des États créent des amalgames et alimentent les préjugés sur les réfugiés, Amnesty International France entend rappeler qui sont ces 16,2 millions d’hommes, de femmes et d’enfants, ce qu’ils endurent et en quoi un droit d’asile effectif est vital pour eux.

Le choix des mots n’est jamais anodin, surtout dans le discours des États. Ceux qui entourent l’asile véhiculent trop de semi vérités et créent peurs et fantasmes qui permettent à ces mêmes États de justifier des pratiques qui contestent le droit d’asile et leurs obligations.

Pour faire respecter le droit d’asile, Amnesty International France s’attelle donc en priorité à dénoncer ces discours et à redonner au public des repères réels et concrets.

Voire les "mots des états" et les réponses d'Amnesty International  à la suite ....

 

LES MOTS DES ÉTATS : « clandestins », « fraudeurs », demandes d’asile « abusives »,…

> LA REPONSE D’AMNESTY INTERNATIONAL

L’asile ne doit pas être une variable d’ajustement des politiques migratoires dans les discours politiques. Laisser penser que les demandeurs d’asile sont des « faux réfugiés » les discrédite dans l’opinion publique. Les réfugiés sont une catégorie bien précise de migrants, encadrée par une définition et un statut :

  • Un réfugié est une personne qui craint à raison des persécutions dans son pays du fait de son appartenance politique, religieuse, ethnique ou à un groupe social.
  • Un demandeur d'asile est une personne qui a manifesté sa volonté de bénéficier d’une protection, mais sa demande n’a pas fait encore fait l’objet d’une décision.

LES MOTS DES ÉTATS : « Les réfugiés sont trop nombreux », « France, 1er pays d’accueil », « ils viennent chercher du travail »…

> LA REPONSE D’AMNESTY INTERNATIONAL

En France, dans la procédure normale, les demandeurs d’asile, qui sont considérés comme des réfugiés jusqu’à preuve du contraire, ont un titre de séjour le temps de l’examen de leur demande. Ils ne sont pas autorisés à travailler pendant toute cette période. En 2010, la France protégeait 160 518 réfugiés, soit seulement 0,26% de sa population.

  • 30% des réfugiés vivent dans des camps
  • 7,2 millions sont réfugiés depuis plus de 5 ans
  • 845 000 personnes ont demandé l’asile dans le monde en 2010
  • La France est le 10ème pays d’accueil de l’Union européenne, si le nombre de demandeurs d’asile est rapporté à sa population (36 931 demandes en 2010). La France se situe derrière la Suède, la Belgique, l’Autriche ou encore la Grèce.

LES MOTS DES ÉTATS : « Séparer le bon grain de l’ivraie »

> LA REPONSE D’AMNESTY INTERNATIONAL

Certains États considèrent les demandeurs d’asile comme une « menace » pour la sécurité nationale. Cette perception s’est renforcée depuis le 11 septembre 2001. Les demandeurs d’asile sont de plus en plus considérés comme des migrants irréguliers indésirables. Cette suspicion entraîne une criminalisation des demandeurs d’asile et réfugiés lourde de conséquences : les procédures se durcissent, des mécanismes de sanction sont mis en place, le recours à la détention se généralise.

 

LES MOTS DES ÉTATS : « Protéger les réfugiés, oui. Mais pas chez nous ! »

> LA REPONSE D’AMNESTY INTERNATIONAL

Contrairement aux idées reçues, ce sont les pays en développement qui reçoivent la majorité des personnes en demande de protection. Les États refusent trop souvent d’assumer leurs propres responsabilités et signent des accords de contrôle des migrations avec des États tiers et leur font jouer le rôle de garde-frontière. Aucune distinction n’est alors faite entre migrant et réfugié, ces derniers sont refoulés vers le danger.

 

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