Rapport annuel 2017/18 : on ne peut considérer un seul des droits fondamentaux de la DUDH comme acquis

Le Rapport 2017/18 d’Amnesty International rend compte de la situation des droits humains dans le monde en 2017.Capture du 2018-09-30 17-41-41.png
L’avant-propos, les cinq résumés régionaux et l’étude au cas par cas de la situation dans 159 pays et territoires mettent en lumière le combat que livrent de très nombreuses personnes pour reconquérir leurs droits, ainsi que les manquements des gouvernements en matière de respect, de protection et de mise en œuvre des droits fondamentaux.
Le présent rapport donne aussi un aperçu de certaines avancées obtenues de haute lutte, montrant que la défense des droits humains permet véritablement d’améliorer la situation. Il rend hommage aux femmes et aux hommes qui défendent les droits fondamentaux et continuent de se battre pour faire changer les choses, parfois au péril de leur vie.
L’année 2017 a vu la pauvreté et l’insécurité qui touchaient un grand nombre de personnes dans le monde être exacerbées par les mesures d’austérité et les catastrophes naturelles, et cette édition du Rapport d’Amnesty International s’intéresse aussi aux droits économiques, sociaux et culturels.
Bien que tout ait été fait pour garantir l’exactitude des informations fournies,celles-ci sont susceptibles de modification sans préavis
 

Internet et droits humains

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Le 16 novembre 2010, à la médiathèque d'Orléans les groupes Amnesty International France (Orléans),  et France Tibet ont organisé une conférence sur le la relation entre internet et les droits humains.

Trois orateurs avaient été conviés :
     * Lucie Morillon (Reporters Sans Frontières, RSF).
     * Thierry Philipponat (Bureau exécutif d’Amnesty International France).
     * Michel Tran Duc (Parti Viet Tan, Parti pour la réforme du Vietnam)
 
 
 
 
I - ¨Présentation de Lucie Morillon (http://fr.rsf.org/)
L’association RSF a été fondée en 1985 et aujourd’hui Internet constitue une réelle opportunité pour se faire entendre, notamment pour les dissidents de certains pays. Les alertes diffusées mondialement et les informations communiquées par les réseaux sociaux permettent à l’opinion internationale d’être informée et que des pressions puissent s’exercer pour dénoncer des situations mettant en cause les droits humains (Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Birmanie…).
 
Ce qui n’empêche pas que la censure s’applique (60 pays touchés en 2009), que des sites soient bloqués voire que certains États aient totalement repris en main le Web. Car il n’y a pas que les droits humains qui sont concernés mais aussi l’économie associée à Internet. Une autre pratique de certains États s’exprime dans les arrestations ou la surveillance des dissidents : c’est le cas en Iran. Fac à ces situations, RSF dénonce la censure et s’efforce d’aider les « net citoyens », dont, en cette fin 2010, 113 sont en prison, dont 74 en Chine, 16 au Vietnam et 9 en Iran. L’augmentation du nombre de blogueurs emprisonnés est inquiétante.
 
Les démocraties occidentales n’échappent pas au problème, notamment dans leur lutte contre la pédophilie. Sur ce point, il faut des méthodes de lutte adaptées et pas un fichage général des individus. En Finlande, l’accès à Internet fait partie des droits fondamentaux.
 
Référence : Web 2.0 Versus Control 2.0.
 
II – Présentation de Thierry Philipponat (www.amnesty.fr)
Il rappelle d’abord l’exemple du conflit de Google avec la Chine. Début 2010, Google prend le risque de ne plus être autorisé en Chine. Après environ 6 mois de discussion, il est obligé de s’incliner en juillet 2010 face au gouvernement chinois, afin de ne pas perdre ses parts de marché. Le site Google Chine sera ainsi censuré, mais proposera un lien vers le site de Hong Kong, lui-même non censuré. La licence est donc renouvelée eu juillet, avec les contraintes dont nous venons de parler. Rien ne dit que les internautes chinois ne seront pas eux-mêmes surveillés. Bref un marché de dupes. Un an après environ, Google relance le conflit en dénonçant le piratage de comptes gmail, suscitant des menaces à peine voilées des autorités chinoises.
Internet est un formidable outil de liberté d’expression, mais qui risque dans certains pays d’être limité à des Internet nationaux. Amnesty International travaille avec des entreprises de technologie impliquées dans le sujet Internet (Google, Yahoo, Microsoft) et milite pour que l’on arrête de censurer les moteurs de recherche, alors qu’une structure comme Yahoo semble avoir collaboré avec les autorités chinoises pour dépister les « net citoyens ». Le mouvement mène des campagnes auprès de l’opinion publique internationale pour faire libérer des internautes emprisonnés.
 
Le fait que Google soit dans la place chinois ne peut être limité pas à jouer un rôle de « cheval de Troie », c’est aussi un outil économique pour les chinois de l’intérieur et ceux qui sont à l’étranger. Dans les régimes dictatoriaux, le progrès économique est aussi essentiel. Pour eux, il s’agit de censurer sans empêcher le développement économique. Les entreprises elles aussi sont sensibles à leur image, à leur réputation. Elles peuvent même adhérer à un protocole de respects des droits humains.
 
III – Présentation de Michel Tran Duc (http://viettan.org)
 
Le Viet Tan est un parti politique qui lutte pour la démocratie au Vietnam, en utilisant des moyens non violents. Selon un reportage de CNN, le nombre d’internautes est passé de 1 à 28% de la population. Ce développement est allé de pair avec une accentuation de la répression par les autorités, en utilisant divers moyens :
  • censure d’Internet : Amnesty, RSF, Viet Tan, Facebook…, blocage des sites d’opposition, surveillance des cybercafés… ;
  • arrestation de blogueurs (exemple Dieu Cay en avril 2008) ;
  • cyber-attaques : exportation de la censure à l’extérieur, vols de login et de mots de passe,
  • messages piégé, attaques par DDOS (déni de services) en inondant de requêtes le site attaqué…
Il y a présomption de liens directs entre Pékin et Hanoï sur ces sujets. Viet Tan poursuit son effort vers plus de liberté au Vietnam, au travers de son blog et d’actions diverses :
  • pression sur les autorités vietnamiennes ;
  • soutien aux internautes qui manquent de compétence informatiques : moyens de contournement des pare-feux (partenariat avec la société Sesame), formations à la sécurité informatique en partenariat avec Front Line, tutoriaux vidéos, alertes sur les messages piégés… ;
  • sensibilisation de la société : séminaires sur activisme numérique.
 
Le résultat est qu’au Vietnam, Viet Tan est classée « terroriste ».
Références : Liberté sur Internet.
Le compte-rendu de Viet Tan sur la soirée du forum.
 
IV – Débat
Divers points ont soulevé des questions :
  • autorisation de manifestation au Viet Nam : les manifestations ne sont pas autorisées et il importe de les déclencher à l’improviste et de les faire de courte durée ;
  • lutte contre les cyber-attaques : autant la participation aux ONG est ouverte à tous (chacun peut agir là où il est), autant la lutte contre les cyber-attaques relève d’un travail de spécialiste ;
  • mobilisation des entreprises : elles sont toutes sensibles à leur image et également soucieuses de développement économique. Effectivement la combinaison de ces deux préoccupations est une approche possible.
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